A propos de l'intervention de Jean-Pierre Albert...


Parler de l'identité d'un vin, et non simplement de sa singularité ou de sa typicité, invite à prendre en compte, par-delà les caractérisations techniques ou organoleptiques du produit, les aspects socioculturels de sa définition et de son image. Il convient donc, dans un premier temps, d'inventorier les ressources d'une telle construction - terroir, cépages, paysage viticole, tradition vigneronne, etc.
On abordera ensuite l'impact des contraintes caractéristiques de toute affirmation d'une identité : échelles multiples, toujours corrélées à des stratégies contextuelles ; inégale attractivité des formes de similitudes valorisées ; conflictualité latente entre constructions de collectifs et revendications de singularité.
Dans le domaine viticole, ces contradictions structurelles sont exacerbées par l'évolution des pratiques : comment affirmer la singularité d'un producteur au sein d'une AOC ? Jusqu'à quel point instituer de nouvelles échelles dans la définition des terroirs ? Quelle place accorder aux cépages dans la caractérisation des vins, au détriment parfois d'une logique du terroir ? Comment enfin réguler des revendications de singularité qui pourraient être néfastes à une action collective à l'échelle plus large d'un bassin viticole ?
L'objectif de cette communication sera de contribuer à mettre en regard les pratiques de marketing et les constantes anthropologiques que la notion d'identité invite à mobiliser.